Former la filière : Les signaux qu’on ne peut plus ignorer

Un rapport qui repose une question enterrée depuis 2012. Des contrats d’apprentissage qui se brisent avant d’avoir tenu six mois. Pas de catastrophisme, mais des chiffres et des débats qu’on ne peut plus remettre à demain.

Le diplôme d’ingénieur forestier : un débat qui revient

Il a disparu en 2012, quand l’École nationale des eaux et des forêts a fusionné avec AgroParisTech. Depuis, les ingénieurs forestiers sortent avec un diplôme généraliste d’agronome, complété d’une certification « Sciences et ingénierie forestières » (SIF) — propre à chaque école, sans contrôle extérieur officiel. Un rapport interministériel du CGAAER et de l’IGÉSR, publié début mai, remet le sujet sur la table. Son diagnostic est net : la situation française est « totalement atypique au plan européen ». Sa recommandation : créer un diplôme national en ingénierie forestière. Deux écoles sont concernées — AgroParisTech-Nancy et Bordeaux Sciences Agro — qui forment ensemble une cinquantaine d’ingénieurs par an. Trop peu. Après les Assises forêt-bois, les besoins avaient été évalués à 90 ingénieurs formés chaque année, pour couvrir à la fois le renouvellement des départs à la retraite et la montée en compétences du secteur privé. Plusieurs pistes sont sur la table : créer un diplôme national de zéro (long, coûteux), mutualiser la certification SIF entre les deux écoles (voie médiane), ou allonger la formation actuelle. Les discussions peuvent reprendre. L’issue reste ouverte. Ce qui est certain : le parcours vers la filière forêt reste un vrai casse-tête pour un lycéen motivé — et la filière ne peut pas se permettre de perdre des vocations en route.

Apprentissage en Normandie : 15,2 % de ruptures, et maintenant ?

Une étude de l’Afpa, commandée par la Dreets Normandie, vient de dresser un état des lieux des ruptures de contrats d’apprentissage en 2024 dans la région. Résultat : 15,2 % des contrats rompus dans les six mois suivant leur démarrage — légèrement sous la moyenne nationale de 16,1 %, mais le chiffre mérite attention. La construction concentre plus de la moitié des ruptures (53,76 %). Suivent l’agriculture (14,79 %) et l’industrie (14,32 %). Les apprentis mineurs et les niveaux de qualification les plus bas sont les plus exposés. L’étude pointe une orientation choisie « par défaut », une méconnaissance des réalités du terrain, et des difficultés qui s’accumulent : santé, mobilité, logement, rythme de travail. Ce qui ressort clairement : la qualité de l’accueil le premier jour pèse lourd. Un rituel d’intégration structuré, un suivi réel entre l’entreprise et le CFA, un accompagnement des difficultés dès qu’elles apparaissent — ce ne sont pas des détails. Ce sont les leviers identifiés pour éviter que l’apprentissage ne s’arrête avant d’avoir commencé.

Sources :

– « Le diplôme d’ingénieur forestier doit-il ressusciter ? Un rapport ravive le débat »,

  Forestopic, 6 mai 2026

https://www.forestopic.com/fr/foret/strategie/2038-diplome-dingenieur-forestier-ressusciter-rapport-ravive-debat#:~:text=Non%2C%20selon%20un%20r%C3%A9cent%20rapport,est%20r%C3%A9serv%C3%A9e%20%C3%A0%20nos%20abonn%C3%A9s.&text=Vous%20n’%C3%AAtes%20pas%20encore%20abonn%C3%A9%20%3F

– « Normandie : 15,2 % des contrats d’apprentissage débutés en 2024, rompus avant

  leur terme », Centre Inffo, 9 avril 2026 

https://www.centre-inffo.fr/site-centre-inffo/actualites-centre-inffo/le-quotidien-de-la-formation-actualite-formation-professionnelle-apprentissage/actualites-2026/normandie-152-des-contrats-dapprentissage-debutes-en-2024-rompus-avant-leur-terme